Barbara Hendricks & son Blues Band

Portrait de Barbara Hendricks
Barbara Hendricks
(photo Mattias Edwall)
  • jeudi 4 juin 2015, à 20 h 30    
  • À Montargis (Salle des fêtes)
  • Avec :
    • Barbara Hendricks, chant
    • Mathias Algotsson, piano & orgue B3
    • Max Schultz, guitare
    • Ulf Englund, lumières
    • Julien Ferry, son
  • Concert complet

Sur le Web

Voilà plus de 20 ans que Barbara Hendricks a ajouté le jazz à son vaste répertoire de musique classique, sous l’impulsion de Claude Nobs, fondateur du festival de Montreux, et qui fut le premier à l’inviter pour ce type de répertoire en 1994. Quoi de plus normal : cette musique fait partie de ses racines, elle qui commença en chantant des negro spirituals dans l’église de son père, pasteur dans l’Arkansas. Depuis 8 ans, elle revient aux sources du jazz en chantant le blues et en explorant ses racines.

Au début du XXe siècle, le blues trouve son origine dans les communautés noires du sud des États-Unis ; il s’agit d’une musique qui puise ses racines dans les négro spirituals, ces chants de travail chantés - et même criés - par les esclaves dans les plantations de coton. La fin de l’esclavage, la liberté retrouvée et la mobilité des hommes marquent le développement de cette tradition musicale chantée issue de la musique d’église, mais également emprunte de tradition orale importée d’Afrique de l’ouest.

Ce programme blues Everywhere I Go nous fait voyager à travers ces plantations de coton du delta du Mississippi et nous fait découvrir la diversité des thèmes portés par le blues : d’une expression poignante de la détresse humaine avec des chansons comme Trouble in Mind, Dinks Blues ou le Crossroads de Robert Johnson, jusqu’à l’aspect politique du blues - et son lien important avec la lutte pour les droits civiques aux États-Unis menée par Martin Luther King - avec Strange Fruit de Billie Holiday, Down in Mississippi et I Wish I Knew How It Would Feel to Be Free de Nina Simone.

Le blues est né dans les plantations au cœur du delta du Mississippi. Il raconte la vie des anciens esclaves : l’oppression, la violence, l’injustice des lois ségrégationnistes de Jim Crow. Le blues est beaucoup plus qu’une forme de musique : dans les années 1950-1060, avec ses chansons engagées, ses protest songs, il fut un outil décisif de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis menée par Martin Luther King.

Le blues, qui a ses racines en Afrique, est ma musique. Et comme chaque être humain a ses racines en Afrique, comme le monde entier est finalement africain, le blues est notre patrimoine à tous.
Tout le monde chante le blues, dans tous les pays et dans toutes les langues. Dans le blues, toutes les émotions humaines s’expriment dans leur universalité : la souffrance, la joie, la peur, l’espoir. Les mélodies, les harmonies et les rythmes du blues vibrent en nous.

J’entends le blues chez tous les grands compositeurs, de Mozart à Debussy, de Mahler à Ellington, de Gershwin à Puccini. Et je chante le blues. J’entends le blues dans le vent. Je vois le blues dans la force de la nature. Le blues chante la liberté et exprime le désir de solidarité. Le blues est omniprésent. Le blues existe-t-il pour les hommes, ou existons-nous pour le blues ?

Jouons et chantons le blues. La réponse sera claire. Le blues, c’est la vie comme elle est, vraiment.

— Barbara Hendricks